Atelier d’écriture avec Arno Bertina & le lycée Paul Lapie

Le projet

Pour la troisième année consécutive, une dizaine d’élèves du lycée Paul Lapie (de 1ère ES et de 1ère S) et le romancier Arno Bertina se sont retrouvés à la Maison de la Poésie pour une master class d’écriture de deux jours, financée par la DAAC de Versailles.

Après la projection du documentaire de cinéma Des bobines et des hommes de Charlotte Pouch (octobre 2017) qui s’est poursuivie par une discussion avec la réalisatrice, Arno Bertina a souhaité interroger la perception qu’ont les élèves du monde du travail : en quoi peut-on s’épanouir dans son métier ou y vivre au contraire une forme d’aliénation ? En quoi l’individu se définit-il par son travail ; quel recul parvient-il à avoir ?…

La restitution aura lieu le vendredi 16 février à la Maison de la Poésie, sous la forme d’un parcours de lecture conçu quelques heures auparavant par les lycéens autour de leurs textes achevés. Il sera suivi d’un pot amical qui permettra de poursuivre le dialogue au-delà de ce temps de présence sur scène.

Pour en savoir plus

deschateaux

- Arno Bertina, Des châteaux qui brûlent, Verticales, 2017.

« Filiale d’un géant de l’agroalimentaire, un abattoir de volailles breton, au bord du dépôt de bilan, tente de résister. Quatre-vingts salariés occupent l’usine et séquestrent un ministre venu de sa propre initiative leur proposer une reconversion. De gauche, il rêve de décroissance et de développement durable. Eux sont fixés sur un objectif : sauver les emplois. Et qu’importent les aberrations de l’économie mondialisée, l’épuisement de la planète, le pillage du Sud par le Nord, la malbouffe et les interrogations sur la maltraitance animale… Qu’importe, vraiment ? Arno Bertina met en scène, avec une belle subtilité, l’insurrection d’une poignée de salariés en panique sous le regard hostile des médias, dans le viseur des CRS et sous l’œil en embuscade du préfet et du gouvernement. Il fait entendre les voix des uns et des autres, les isole et les croise, les incarne. Il s’enferme avec eux dans l’usine occupée, colle au plus près des discussions, des engueulades, des interrogations intimes, des contradictions, des peurs et des courages, des hontes et des fiertés, des postures et des mises à nu. C’est passionnant, vibrant, puissant. Le texte se déploie dans de multiples dimensions sans jamais perdre son souffle. Tout au long de ses 400 pages, il donne à voir l’intelligence collective, l’évolution des points de vue, la force nouvelle qui s’empare de chacun. » (Extrait de Télérama, 01/09/2017)

Bobines

- Charlotte Pouch, Des Bobines et des hommes, 2017.

« Ma priorité est d’assurer la pérennité du savoir-faire Bel Maille dans son ancrage local. » Répétée comme un mantra à chaque réunion du personnel, la promesse du patron de cette usine textile de Roanne, sous le coup d’un redressement judiciaire, restera lettre morte. Pendant les longs mois de négociations, la réalisatrice est allée à la rencontre des ouvriers tisseurs, plus souvent résignés que révoltés… Depuis une dizaine d’années, les documentaires sur les fermetures d’usines se succèdent : Entre nos mains en 2010, La Saga des Conti en 2013, Comme des lions et Merci patron !, grand succès public en 2016. Généreux, utiles, rageurs, parfois galvanisants, ces films reflètent notre triste époque. Celui-ci a été tourné dans la même usine et au même moment qu’une comédie romantique et sociale, La Fille du patron, d’Olivier Loustau. Preuve que le réel, aujourd’hui, dépasse la fiction. » (Télérama, 24/10/2017)