Apprentissage poétique de la langue

Depuis trois ans, la Maison de la Poésie propose des ateliers d’écriture auprès de personnes demandeuses d’asile et réfugiées, dans le but de les aider à trouver, en français, les mots justes pour se définir, exprimer leurs aspirations et pouvoir envisager leur vie dans ce nouveau pays. Créé en 2019, ce programme est ouvert à celles et ceux qui, quel que soit leur statut administratif en France, désirent approfondir la découverte de la langue française et souhaitent s’engager dans une démarche artistique.

Langue refuge, podcast réalisé par Anne Mulpas, poète multimédia et Rym Debbarh-Mounir, créatrice sonore.

Pour l’année 21-22, la Maison de la Poésie ouvre plus largement  son programme aux personnes migrantes en situation de précarité et de mal-logement, en partenariat avec l’association ACINA et le Centre Primo Lévi.
Ces ateliers artistiques et d’apprentissage du français se déroulent deux après-midis par semaine, avec l’autrice et scénariste Victoria Kaario, accompagnée du dessinateur Damien Mac Donald. Ils donneront lieu à l’édition d’un livret offrant une mosaïque des écrits et dessins, ainsi qu’à une restitution ouverte à un large public sur la scène de la Maison de la Poésie. 

Cette année, Victoria Kaario et Damien Mac Donald explorent l’univers de la bande dessinée, avec pour objectif de permettre aux participant·es de s’exprimer sur leurs expériences personnelles tout en s’appropriant la langue française dans une pratique joyeuse, collective et créative.

Dans l’histoire du neuvième art, de Krazy Kat au Katzenjammer Kids, du Yellow Kid aux Schtroumpfs, on trouve de nombreuses occurrences de créateur·trices qui vivent entre deux cultures, qui jouent avec la créolisation, qui inventent une nouvelle société brassant les jeux sémantiques. La nature même de la BD s’y prête et peut dialoguer avec des personnes migrantes, tiraillées entre deux cultures. Les œuvres d’un Riad Sattouf, d’une Marjane Satrapi ou de la jeune Lucie Quéméner, témoignent de la justesse de ce médium pour dire ce qu’est l’exil, la difficile transition d’un pas, d’une culture à l’autre.

L’atelier d’apprentissage du français (FLE) se poursuit pour la troisième année consécutive. Lors de ces sessions hebdomadaires, le groupe travaille l’écrit et l’oral en prenant appui sur des textes littéraires du répertoire francophone. 

Retrouvez l’ensemble des textes issus de l’atelier 2019-2020 dans l’ouvrage C’est loin d’ici, disponible ici

Les intervenant·ES

Le Centre Primo Levi est un centre de soins qui accueille des personnes ayant été victimes de torture ou de violence politique dans leur pays d’origine, quel que soit leur statut administratif en France. Sont reçus des adultes, des enfants et des adolescents (en famille ou isolés).

·         ACINA est une association qui accompagne des migrants nouveaux arrivants en situation de précarité et de mal-logement dans leur intégration socio-professionnelle. Elle s’adresse à un public mixte : des personnes réfugiées en situation d’habitat précaire, mais aussi des personnes migrantes intra-communautaires vivant en squat ou en bidonville.